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jeudi 24 septembre 2020

On est toujours pas des sauvages !



"Réalité s'ouvre sur une suite linéaire martelée par des tambours martiaux, le genre de progression qu'affectionnent les bretteurs du ressac punk, sauf qu'une guitare acoustique en maîtrise le thème, en connivence avec la SG qui se retient d'exploser et étaye la structure de notes brumeuses. Puis la basse s'évade et grimpe tel un lierre sur les syncopes, jusqu'à ce que le grain saturé reprenne ses droits et que roule la voix chargée d'alluvions. La différence est faite en moins de trente secondes. Là où hurlent les coyotes urbains, où les imprécateurs iroquois crachent au ciel, Camera Silens entre en matière imprégné de spleen. Le groupe a suffisamment vécu pour mettre ses tourments en musique et raconter leurs tristes corollaires. Déjà, la pochette en dit long avec son marcheur renfrogné. L'ennui, les squats cancéreux, les jeunes qui cherchent une échappatoire et se balancent du Pont de Pierre, voilà l'envers du décors bordelais narré sur les plages de cet album. [...]

Camera Silens maîtrise le tempo, excelle dans le trapu, s'octroie des refrains cavalcades mais retombe toujours sur ses Dr. Martens, preuve en est l'ouverture de "Classe criminelle" : la basse doublée assure simultanément rythmique et mélodie, bien calée sur des tons explosifs qui lâchent la bride à un saxophone expirant sur la scansion du titre, juste avant que ne démarre la machine à pogoter. Ce sax nom de dieu ! Foutu de faire rouler une larme sur les joues burinées des soudards ! L'opus se conclut par l'hymne indispensable "Pour la gloire" et l'on frôle le sans-faute. Réalité s'apprête à entrer dans l'histoire, ce n'est qu'une question de temps et de mentalité.

Et si son écho résonne jusqu'aux nouvelles générations, c'est qu'il exsude ce blues que tous les rude boys et autres hérissons portaient dans leur coeur et que nul autre n'avait su retranscrire."

- Thierry Saltet, "Réalité" in Patrick Scarzello, Camera Silens par Camera Silens


jeudi 30 avril 2020

Notre jeunesse punk

Il faudra bien qu'un jour tout change, entonnaient des punks solognots en foutant en l'air des poubelles. Ni fleurs des champs, ni lendemains qui chantent. Un peu de lutte des classes quand même, personne n'est parfait. Mais surtout de la lucidité. De la rage. Chaos en Phrance. 



Rien n'a encore changé, disaient déjà des souris parisiennes. Rendez-vous la prochaine fois !



Pourquoi faut-il toujours qu'un con commande, dans ce squat ou dans ce pays, reprenaient les punks des champs. Parce que c'est dans la nature des chefs, modèle socialiste comme modèle classique dit "modèle républicain", d'être con. À moins que ce ne soit l'inverse. Ton idéal démocratique, c'est que tout le monde a le droit de crever

Le jour décline. À la campagne, les loups sortent tôt. Fin de partie, tout le monde au lit !

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